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La Hongrie célèbre le 100e anniversaire de la naissance de György Cziffra, grand pianiste hongrois devenu français.

Des évènements majeurs à signaler

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L’association Lisztomanias International, en collaboration avec l’Association des Amis de l’Institut Hongrois (AAIH) ont organisé le jeudi 4 novembre 2021 à 19h00 

une table ronde-débat sur le thème suivant :

« György Cziffra, une virtuosité lisztienne ? »

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Le 4 novembre, au centre culturel de la rue Bonaparte, désormais baptisé « Institut Liszt », Lisztomanias international et l’Association des amis de l’Institut Hongrois proposaient une rencontre thématique en l’honneur du grand virtuose, natif de Budapest (5 . 11 . 1921 - 15 . 1 . 1994), exilé en 1956, auquel le Quai d’Orsay accorda la nationalité française en septembre 1968, via l’Office de protection des réfugiés et apatrides. Introduit par Zita Bodnár et Alain Rechner, ponctué de musique, d’impressions personnelles, d’archives sonores ou filmées, l’hommage fut émouvant et splendide : c’est avec plaisir que nous rendons compte de la table ronde que Christian Lorandin, pianiste et critique, membre de la Société internationale des amis de Cziffra, anima brillamment aux côtés d’une pléiade de témoins, d’universitaires et d’artistes, une semaine à peine après l’inauguration, au Müpa Művészetek Palotája, d’une exposition organisée par le Gouvernement hongrois dans le cadre de « l’année Cziffra » que soutiennent le fonds Gábor Bethlen et les Nations unies. En ce qu’elle souligna le génie, le charisme, l’humilité foncière de cette âme d’exception, la soirée, sans l’avoir cherché, répara d’abord une forme d’injustice. Longtemps marginalisé dans le pays même où il avait trouvé refuge (lorsqu’il n’y fut pas tristement méprisé par sa caste jalouse), Cziffra souffrit, comme on le sait, d’un effroyable « malentendu » qui, toujours, le contraignit à se défendre sur un terrain où personne n’aurait dû pourtant se risquer à le provoquer. Dès 1959, à New York, il se désolait au micro d’un compatriote « que la virtuosité [fût alors] perçue chez l’interprète [en l’occurrence : chez lui] comme une tare, comme une disposition étrange, tout juste bonne à inspirer la suspicion de la facilité, de l’insignifiance et de la superficialité ». « Mais pourquoi devrait-il en être ainsi ? », s’insurgeait-il. « La virtuosité ne peut-elle aller de pair avec une musicalité sincère ? Pour être franc […], je me considère avant tout comme un musicien : la virtuosité n’est qu’un moyen de parvenir à des fins musicales. Quel mal y a-t-il à jouer Liszt, de toute façon ? Les jugements condescendants qui lui sont adressés dans les cercles professionnels américains m’ont étonné, et même choqué. Nous, les Hongrois, avons peut-être tendance à vénérer ce grand prêtre du romantisme au-delà de sa juste valeur, mais […] ». Et tout restait en suspens sur ce « mais »… Une décennie plus tard, à Paris, Le Monde gitan (1er janvier 1969) semblait bien seul à tirer fierté du jeu éblouissant de celui qui ne s’appelait plus légalement « György », mais « Georges », quand ce n’était pas « Serge » ou un prénom plus fantaisiste, comme le prouvent les colonnes moins confidentielles, cependant si lestes et peu scrupuleuses de la presse d’alors. En 2004, dix ans après sa disparition, un musicographe bien informé n’écrivait-il pas, pour un éditeur célèbre, que Cziffra, « l’un des spécialistes de Liszt » (« le public délire en l’écoutant »), « affectionnait les petites pièces virtuoses » et possédait « une technique transcendante qu’il [n’avait placée qu’] au service d’un répertoire relativement restreint (sic) » ? La réédition toute récente de la totalité des enregistrements de studio du pianiste (1956-1986) balaie heureusement cette stupidité : son maître d’œuvre Rémi Jacobs, ancien directeur de collection chez EMI, diplômé du Conservatoire de Paris et biographe d’Alfred Cortot, vint d’ailleurs lui-même présenter ce coffret de 41 disques (Erato, octobre 2021), enrichi d’une prise live du 1 er Concerto de Tchaïkovski avec Carlo-Maria Giulini, puis livrer ses propres souvenirs de Senlis avec pudeur et sensibilité. Au reste, ce sont bien les racines, les caractéristiques, la vérité de la « virtuosité lisztienne » du Cziffra étudiant, improvisateur, transcripteur, orchestrateur, chanteur, coloriste et concertiste qu’interrogea d’emblée Bruno Moysan, membre de la Liszt Society de Londres et de l’Institut Chopin de Varsovie, en croisant les notes de Madame Boissier, la correspondance de Liszt, ses volumes de Technische Studien, l’héritage pédagogique que transmirent István Thomán, ses disciples Imre Keéri-Szántó et Ernő Dohnányi. Aux octaves alternées, aux sauts latéraux, aux traits-fusées entrevus là de la Rhapsodie espagnole, Stany Kol (UNESCO) opposa ensuite le métier non moins sûr ni moins impressionnant du Cziffra claveciniste, d’une délicatesse exquise. En somme, observe Christian Lorandin, « la virtuosité lisztienne, souveraine, imprévisible et sans artifices de Cziffra, loin d’être un vain déballage de vitesse ou de mécanisme, était tissée d’ivresse, de vertige et de nostalgie. Dictée par le style et le texte, profondément humaine, vivante, sensée, authentique, exclusivement asservie aux exigences des maîtres, à un idéal de beauté, elle ne fut jamais machinale ni désincarnée ». Sur l’écran, appuyant ces démonstrations, défilent le Capriccio en fa mineur de Dohnányi (1976), une séance de travail saisie dans l’hôtel de la Fondation Polignac (1969), une répétition de la 2 e Rhapsodie hongroise à Zürich (1978), l’Etude transcendante en fa mineur, Le Tic-toc-choc ou les Maillotins de Couperin et un Exercice de Scarlatti, quand Eric Astoul, Romain Hervé, Pascal Amoyel et Cyprien Katsaris, entre deux commentaires captivants, interprètent ou revisitent eux-mêmes, sur le Steinway de l’Institut, la Valse triste de Vecsey, la 5 e Danse hongroise de Brahms et la Czardas obstinée de Liszt, voire improvisent en citant Johann Strauss, Chopin, Ravel, Chostakovitch, des thèmes de Faust et de Méphisto. Isabelle Œhmichen éclaira un aspect particulier des aigus cristallins de Cziffra. Philippe Dufour et Michel Sogny prirent aussi la parole. Nous regrettons de ne pas avoir entendu Herbert du Plessis, dont la maîtrise expressive du clavier, réellement stupéfiante, aurait ajouté à la joie d’une salle comble. « Sans doute, la perfection absolue n’existe pas », confiait Georges Cziffra à Mutz Böhm, qui le relate dans son Journal d’une amitié. « C’est seulement lorsque nous sommes arrivés à un certain niveau que nous réalisons à quel point nous sommes petits. Mais il y a tout de même une recherche artistique dans le don de soi-même. Ma mission est de dispenser de la joie. Je trouve détestable le mot de technique. Qu’est-ce que la technique ? Une automobile sur quatre roues ! Mon courage, ce n’est pas ma technique, mais l’élan qui vient de mon cœur. Ne regardez pas l’artiste au travail : écoutez-le seulement… ».

 Frédéric Gaussin

Pianiste et critique musical jejouedupiano.com

 Pour regarder l'intégralité des débats   Cliquez ici     

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Pascal Amoyel, et Christian Lorandin

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Bruno Moysan,

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Cyprien Katsaris,  Michel Sogny 

Isabelle Oehmichen 

   Stany Kol, 

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Concert exceptionnel à la Maison de la Radio et de la Musique le 7 novembre dernier - La Fantaisie hongroise de Franz Liszt  - et hommage à G Cziffra 'Cziffra Psodia"

La vie de Georges Cziffra (1921-1994) est un roman tragique et glorieux. Né dans une famille tzigane, le jeune György fut admis à neuf ans à l’Académie Liszt de Budapest, mais dut subir la guerre et les travaux forcés, avant de quitter la Hongrie en 1956 et de mener la carrière qu’on sait. Pour fêter les cent ans de la naissance de celui qui fut l’un des plus grands virtuoses du XX e siècle et l’interprète incomparable de Liszt et Chopin, Radio France a commandé à son compatriote Peter Eötvös un concerto pour cymbalum obligato intitulé Cziffra Psodia : nous ne sommes pas loin de la rhapsodie, mais nous en serons encore plus près avec la Rhapsodie hongroise de Liszt, que jouera János Balázs. En seconde partie, Mikko Franck dirigera une page qu’il aime entre toutes : la Symphonie de (César) Franck.

FRANZ LISZT
Fantaisie hongroise
 
PETER EÖTVÖS
Cziffra Psodia, concerto pour piano et cymbalum obligato (commande de Radio France/Müpa Budapest - création française)

CÉSAR FRANCK
Symphonie en ré mineur

JÁNOS BALÁZS piano
MIKLÓS LUKÁCS cymbalum
ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE RADIO FRANCE
MIKKO FRANCK direction

Tous détails à la Maison de Radio et de la Musique Cliquez ici

 

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János Balázs.

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Concert diffusé le 30 décembre sur France Musique

La Fondation Cziffra a organisé un concert exceptionnel  de János Balazs le 24 septembre  dernier à la chapelle Saint Frambourg à Senlis

La Chapelle Saint-Frambourg, devenue le siège de la Fondation présidée par Gérard Bekerman , fut acquise par Georges Cziffra sur proposition du Ministre André Malraux.

Ravagée par des siècles d’histoire, la Chapelle fut restaurée par l’illustre pianiste qui y consacra sa vie, sa foi, son amour dans le but d’en constituer un haut lieu de l‘histoire de France et de permettre l’essor des jeunes artistes du monde entier.

Cette merveille du patrimoine national est à découvrir.

János Balaz, 32 ans, prix Franz Liszt, Prima Award for Hungarian Music, Kossuth Prize, Artiste émérite de Hongrie est un pianiste les plus célèbres et les plus acclamés pour ses prestations dans les salles de concert les plus prestigieuses du monde.

János Balaz site internet Cliquez ici

18-19-20 octobre 2019

Festival Senliszt

Rendez-vous incontournable de la musique, le Festival Senliszt accueille chaque année de jeunes artistes pour la plupart lauréats de la fondation Cziffra.

29 novembre - 1 décembre 2019

Concours International Georges Cziffra

Le Concours Cziffra invite en alternance le piano et les autres instruments. L’édition 2019 est consacrée au piano.

Tous détails réservations sur le site internet  de la fondation Cliquez ici

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La Chapelle Saint Frambourg

et les fameux vitraux de Miro